Portrait du visiteur en créateur - blogœuvre

Serial Portraits Sigrid Coggins

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Portrait à dévoiler n°14

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Journal d’hier n°10

D’après ce que je sais, je n’ai rencontré qu’un seul shaman dans ma vie, et c’était sur le chemin amenant au lac Baïkal, où nous allions passer quelques jours sur l’ile d’Olkhon. C’était dans le cadre d’une merveilleuse résidence d’artistes en 2009, qui a abouti à une exposition collective à Irkoutsk, dans le lieu d’exposition nommée « maison Rogal » et converti pour l’occasion en espace dédié à l’art contemporain. Une première parait-il dans cette grande ville de Sibérie.
Il y a beaucoup à dire sur cette expérience mais celle que m’évoque ce dessin multi-facettes (j’y vois 6 personnages) aux allures de derviche tourneur calme et concentré, concerne cet étrange moment de rencontre avec le shaman… Cette rencontre faisait partie du programme de la journée qui nous amenait à notre destination et sur le chemin duquel nous eûmes droit à plusieurs haltes dont la première, marquante – voire enivrante – fut le salut aux esprits bouriates qui nous attendaient (de pied ferme ?) à la frontière : alors que nous roulions depuis deux heures dans un paysage qui se transformait rapidement du fait d’une neige abondante – et inédite en cette période – notre chauffeur s’arrêta au milieu de ce qui nous semblait être nulle part. Des bouleaux et de la neige tout autour de nous, rien d’autre. Ha, si ! Un cabanon style comptoir de bar se dessine dans le paysage au fur et à mesure que le chauffeur le remplit des éléments nécessaire au rituel : des fruits, de l’omoul (le poisson omniprésent dans les restaurants environnants et devenu à la fois sujet de blagues récurrentes et d’heureux souvenirs dans notre groupe). Et de la vodka.
Il était 10 heures du matin, mais la frontière, invisible pour nous autres ignares, nécessitait pour une bonne continuation du voyage que notre chauffeur boive ses 3 verres de vodka. Et nous aussi. Tout le monde doit saluer les esprits au passage.
Euphorique – habituellement j’en suis encore au thé à cette heure-là – j’envoyais un sms à ma fille pour lui transmettre en style twitter l’info quant à notre salut aux esprits bouriates. Réponse immédiate de sa part : « c’est un coup à les voir pour de bon, ces esprits ! » … sms transmis au groupe et à 6000 kilomètres de distance nous rions de concert avec elle.
Le shaman, ce fut l’étape suivante ; étrange situation : en ville, à côté d’un musée : il enfila sa tenue de shaman en quittant celle adaptée à la ville. A son invitation nous fîmes de même – et une fois habillés de vêtements et de chapeaux adaptés… en route pour des rondes autour d’un feu, pour des danses, et des célébrations, des chants pour les grands-parents repérés du groupe. On a appris des tas de choses que depuis j’ai malheureusement oublié (la faute aux esprits), on a pris des photos, acheté des bijoux et puis soudain, alors qu’il posait avec moi pour une photo (à admirer sur FB ;-) la main posée sur mon ventre, il m’annonce derechef : encore 6 enfants ! Alors là, non ! Euphorie ou pas, je m’insurge intérieurement et sais que sa prédiction ne se réalisera pas. Mais … je l’entends soudain à ma façon et lui confirme : oui, encore 6 enfants, si l’on entend par « enfants » les créations artistiques. Alors là, d’accord, au moins 6, ça je l’espère ardemment.

Magie ou vodka
les esprits de la frontière
en nous s’euphorisent

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Portrait à dévoiler n°13

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Portrait à dévoiler n° 12

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Journal d’hier – 11

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Ce dessin m’évoque une plante qui avait provoqué notre effroi, à ma soeur Anik et moi, un jour que nous avions pour mission de nettoyer les deux jardinières dans le salon de la maison familiale.  Ces jardinières consistaient en deux coffrages pleins de terre ménagés dans le cercle de banquette crée en dur autour de la cheminée centrale, le tout dans une fosse au centre d’un salon-cathédrale. L’heureux assis là bénéficiait de la chaleur et de la beauté du feu, encadré de robustes et belles plantes d’intérieur.  Evidemment, un coin absolument irrésistible pour le chat qui y trouva de plus – un jour de réflexion ou de grande flemme féline – un bénéfice supplémentaire à ceux qu’il partageait avec nous autres humains : un coin à crottes, chouette !

S’ensuivirent ire maternelle et filles missionnées.

Face à ce qui nous semblait constituer une petite jungle, touffue et inextricable, une phase d’observation s’imposa. A peine en effet avions-nous tenté une plongée de la main, visant à pousser une feuille pour dégager le terrain, qu’une architecture ambitieuse nous arrêta : en forme de tunnel et d’une dimension impressionnante, avec un côté vertigineux par sa longueur, sa profondeur, et par la perfection de son rétrécissement progressif en entonnoir plongeant dans un gouffre végétal et structurel de la jardinière, dans un angle, ce filet arachnéen avait un aspect extraordinaire, intriguant comme un portail hanté dans un conte de fée.

La maison ayant été construite proche de la ville mais à côté de la dernière ferme du coin, nous avions pour voisines un troupeau de vaches.

Et des troupeaux de mouches. Un garde-manger infini pour les amateurs…

En trois coups de torchons, nous avions donc nos appâts, vivantes mais provisoirement assommées, juste assez pour que nous ayons le temps de les déposer sur la toile puis qu’elles s’agitent alors pour se dégager.

Et signal pour l’architecte que sa maison-piège avait joué son rôle, que le repas était servi ! Les yeux rivés sur le trou noir duquel était censée sortir l’affamée, nous attendions, curieuses,  et un peu troublées aussi par l’aspect de ce tunnel aux mailles si serrées, et qui semblait s’enfoncer tellement profondément que l’idée d’un habitant sous la maison pouvait s’envisager dans nos imaginations phobiques. Cherchant fébrilement la bonne distance pour observer,  entre  «nez collés à la vitre»,  et mise à l’abri de nos visages d’un danger éventuel puisque vitre séparatrice il n’y avait point, en empathie avec les pauvres mouches que nous avions collées là, vibrant avec elles de leurs peurs et de leurs tentatives pour s’échapper, nous attendions. Nous attendions, mais nous ne attendions pas à pousser en chœur un tel cri ni en faisant un bond pareil. Nous ne nous attendions pas à ressentir la nécessité de nous frotter avec force les bras comme pour en ôter les frissons qui avaient instantanément poussé sur nos peaux avec la sensation qu’elles allaient restées bloquées en l’état si nous ne faisions rien. Nous ne nous attendions pas à une sensation aussi violente. Pourtant cela n’avait duré qu’une fraction de secondes. D’ailleurs c’était la raison même de notre épouvante : une masse qui conjuguait une telle taille et une telle rapidité d’exécution, c’était là l’horreur. Une mouche avait disparu et pourtant nous n’avions eu qu’à peine le temps de saisir que la forme surgit des profondeurs de ce tunnel pour y retourner comme si elle n’en était jamais sortie, était une araignée. Mais une araignée vraiment énorme et rapide.  Gigantesque et fulgurante, son regard se confondait avec ses gestes dans une perfection meurtrière.

Nous n’avons jamais délogé l’animal, car après une première tentative de suppression du tunnel à l’aide d’un prudent coup d’aspirateur, il est réapparu dès le lendemain. Nous sommes alors devenues pourvoyeuses de mouches et voyeuses d’araignée, espérant qu’avec l’accumulation des fractions de secondes pendant lesquelles on l’apercevait, nous finirions par avoir une vision précise du monstre. Ce qui ne fut jamais le cas.

Mais il eut quand même droit très rapidement à un nom. C’était Josette.

Sa vitesse rend flou

Le soustrait à notre raison

Le monstre s’échappe

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Portrait à dévoiler n°11

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