Portrait du visiteur en créateur - blogœuvre

Serial Portraits Sigrid Coggins

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Le texte de Christophe Chenu sur Serial Portraits

« Voilà mon portrait… mais est-ce toi qui me croques ou moi qui t’esquisse ? Etrange sensation lorsque le modèle et l’artiste se confondent, lorsque je suis certain de voir mon propre reflet dans les traits de ton visage.
Ta main a-t-elle guidée la mienne ? Non, bien sûr, mais ta force d’aller au cœur de mon âme a semé le trouble en moi. Qui suis-je vraiment ? Cette expérience unique montre que je suis encore loin de trouver la réponse… »
Christophe

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Autoportrait et narcissisme

Autoportrait et narcissisme

Au-delà d’un niveau d’analyse spontanément axée autour des notions de narcissisme et d’égocentrisme avec la question de l’autoportrait et plus particulièrement de Serial portraits que je propose depuis 10 ans, on peut s’intéresser à la question d’une tout autre manière. A une époque où tout le monde veut participer au monde tel qu’il est, et ce d’autant plus qu’on nous arrose à longueur de temps et d’analyses,  de constats d »impuissance », on constate en parallèle le développement de l’artiste ou tout au moins du créateur en chaque citoyen.

Serial Portraits, c’est une exploration du travail du regard et des implications des regards croisés. Ce qui m’avait fait démarrer ce processus s’inscrivait à l’origine dans une démarche de photographe : il me fallait absolument capter ce regard,  que je sentais si particulier lors de ce qui n’était qu’un classique exercice de dessin. J’ai associé ce regard au regard du créateur. Le créateur, c’est dans une certaine mesure le visiteur, le regardeur. Que devient le travail de l’artiste et donc l’artiste lui-même,  sans le regard de l’autre pour le faire vivre ? Ce que je constate au fil du temps, c’est que ce projet génère une projection trés personnelle de ceux qui portent un regard dessus. Leurs paroles sont leurs propres filtres et révèlent leurs intimes problématiques…suivez mon regard !

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Portraits, traits et souvenirs

Comme toujours avec Serial Portraits, je découvre des pans entiers que je n’avais pas prévus en mettant en place ce travail. J’aime cette idée d’être surprise par une création que j’ai pourtant voulu et dont j’ai établi les règles de réalisation.

Ces dessins mis à la une dans ce blog se sont mis à agir sur moi d’une manière nouvelle, en activant ma mémoire « épisodique », autobiographique. Je tire le fil qui me relie ainsi à elle et qui m’inscrit dans un récit donnant sens à ma vie, avec une certitude qu’il s’agit bien de moi. Or, j’ai toujours eu une vision floue de ce que je suis en terme de visage. C’est l’une des raisons de ce travail de portrait-autoportrait. Ce flou sur ma propre identité physique vient de ce que j’étais myope à 11 ans et que j’ai dès lors perdu la vision que j’avais de moi, et ce jusqu’à l’âge de 26 ans. Pourtant, me direz-vous, j’avais des lunettes ! Mais voilà, se voir avec des lunettes, ce n’est pas se voir tel que l’on est. C’est se voir avec quelque chose devant son visage. Une photo, me suggérez-vous ? Comme tout le monde peut l’expérimenter quotidiennement, une photo, c’est soi à un moment T, un soi tenant à la fois de l’éphémère quasi-inexistant si on n’aime pas l’image en question ou de la croyance en une réalité intemporelle et immatérielle si l’on s’y reconnait. Alors quelle réalité dans le flux spatio-temporel habité dans lequel se situe notre vie réelle ?

Ce flou m’a accompagnée quotidiennement jusqu’à ce que j’investisse dans des lentilles de contact. J’ai enfin su qui j’étais visuellement. Serial Portraits n’est pas sans lien avec ce manque, manque qui a rejoint mes recherches artistiques sur le portrait en une synthèse que vous connaissez, explorant les frontières séparant l’artiste du dessinateur, l’oeuvre du regardeur, l’art du non-art….

 Vos dessins et vos commentaires participent à de multiples niveaux à ces émergences.

Ces souvenirs sont ici 

Le dessin à la une actuellement est ici 

Je suis toujours surprise de ne pas avoir été hier ce que je suis aujourd’hui