Portrait du visiteur en créateur - blogœuvre

Serial Portraits Sigrid Coggins

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La fameuse angoisse de la page blanche

La fameuse angoisse de la page blanche, c’est là l’un des aspects que je souhaite partager avec les visiteurs de mes expositions quand ils acceptent de venir à ma table pour participer à Serial Portraits.

Ma mission auto-imposée : en quelques minutes, faire passer le participant à Serial Portrait par toutes les étapes que vit un artiste quand il est en mode CREATION.

Les étapes-clefs du créateur en 13 points ? Allons-y.

1 – Un concept tentant …  une idée passe, une expérience inédite ? … on l’attrape au vol !

Vous vous êtes assis à ma table

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2 – Accepter la mission et se mettre au boulot.

Vous commencez à avoir une légère angoisse,

mais vous êtes courageux et vous restez !

En plus, tout le monde autour regarde.

3 – Le saut dans le vide avec l’angoisse de la page blanche

Bon ben … c’est la règle, alors vous dessinez

sans savoir faire, ou en tous les cas sans regarder ! 

Par définition, le créateur fait toujours des choses qu’il ne sait pas faire,

il peut cependant maîtriser des outils, une technique,

mais la vraie création, c’est pour une part, l’inconnu du résultat.

4 – Travailler la matière… qui résiste

Vous savez ce que vous voulez obtenir ?

Certes,  mais c’est pas pour autant que ça marche tout seul.

5 – Savoir ce que l’on veut et pourtant … hésiter

Comme vous n’avez pas le droit de regarder votre feuille, c’est normal !

Mais c’est vrai aussi quand on regarde.

6 – Continuer ! … malgré les moments  où l’on se dit qu’on a complètement « foiré », qu’on a perdu le fil, que ça va être n’importe quoi …. mais bon, comme ce n’est pas certain (on ne voit rien ! ) alors on continue !

Les moments de découragements intenses font partie de la vie de tout un chacun, mais particulièrement de l’artiste quand il se dit que ce qu’il fait non seulement ne sert à rien mais qu’en plus c’est sûrement, en y réfléchissant, sans consistence ni fondements. Bref…la grosse crise de doute.

7 – Se demander si l’on a fini ou pas !  « Le plus dur, c’est de savoir quand un tableau est terminé »  (se) disait mon père.

Variations sur « j’ai sûrement oublié quelque chose, mais quoi ? » et « Je sais que je n’ai pas mis ça, mais maintenant ce n’est plus possible de l’ajouter, je risque de tout faire foirer si je continue »

8 – Regarder son travail après avoir décidé qu’il est enfin terminé et être soi-même surpris par sa propre création.

Variations sur « Alors c’est ça que j’ai fait ? » ; « Ha et bien finalement ce n’est pas si mal que ça » ; « Ho la la et dire qu’il va falloir exposer ça !  » ; « Bon… j’ai fait du Picasso » ; « Hé ! Mais c’est ma meilleure œuvre !!! » 

9 – L’angoisse de l’accrochage, affronter le regard et l’esprit des autres et surtout le sien : présentée au public, l’oeuvre se transforme alors soit en ami soit en ennemi.

En fait, son œuvre est à la fois son amie et son ennemie. Style Frankenstein … 

10 – S’ intéresser aux artistes voisins, aux expériences et créations des autres qui se posent les mêmes questions. Comment les ont-ils résolues, eux ?

Voyons… quels sont les voisins de mon dessin ?

11 – En discuter entre soi, entre personnes s’étant confrontées aux mêmes problèmes et ayant tenté de les résoudre avec des solutions différentes.

Vous échangez – si vous en avez envie et selon votre tempérament – avec les autres dessinateurs Serial Portraits qui sont passés par là aussi : comment ont-ils résolu la question, eux, et avec quels résultats ? 

12 – Savourer l’énergie qui se déploie par magie quand on contemple le résultat d’un acte de création ? … content ou pas content, beau ou pas beau, ressemblant ou pas, on s’en fout !  Quelle est l’énergie, quelle est la cohérence, quels échos cela provoque t-il pour soi et/ou pour les autres ?

Une oeuvre a demandé pour voir le jour une énergie de la part de son créateur, une énergie qui continue son déploiement au travers des regards qui sont posés sur elle, se transmet avec plus ou moins de résonance selon les uns ou les autres, un fil invisible se crée entre tous ceux qui ont partagé la même contemplation.

13 – Et un jour, écrire sur ce qu’on a devant les yeux ! C’est vous aujourd’hui ! 

Avec tout ça, vous admettrez qu’il y a parfois de quoi faire une drôle de tête !

Une idée passe

Angoisse et exaltation

La création vient

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