Portrait du visiteur en créateur - blogœuvre

Serial Portraits Sigrid Coggins

Portrait à dévoiler n°25

Serial Portrait avec Ilona Valkonen

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10 Responses to Portrait à dévoiler n°25

  1. Le journal inexistant.

    Chacun des dessins que je regarde fait émerger un souvenir ou me rappelle un événement en rapport avec mon parcours d’artiste

    Chacun des dessins que je regarde fait émerger un souvenir ou me rappelle un événement en rapport avec mon parcours d’artisteUn rez-de-chaussée qui ressemblait un peu à un sous-sol, sombre, de plein-pied avec le monde et ce qui aurait pu être ses dangers, avec des fenêtres sans rideaux ni volets, des vitres faiblardes et un peu sales… sauf que cet appartement, car c’en était tout de même un, donnait sur l’avant sur un magnifique jardin plein d’iris et de roses, de bleuets odorants et d’arbustes décoratifs, entretenu depuis des années par une grand-mère, la mienne. Sur l’arrière, ma chambre avec sa porte-fenêtre, plus une ouverture que l’on pourrait également appeler fenêtre. Ces deux là en revanche donnaient sur l’arrière de la maison, sur son côté cour, mal entretenu, avec un chemin longeant les murs de mes fenêtres, et qui aurait pu être appelé chemin si on avait voulu l’utiliser comme tel. Mais pourquoi faire ? Il menait, après un virage à 90 degrés, vers une cour par laquelle on pouvait arriver par plein d’autres moyens, et de l’autre, certes, à une adorable construction d’extérieur, un kiosque mais que l’on pouvait également joindre par d’autres accès. Ce kiosque était comme un rêve inaccessible, une idée non concrétisée ou alors effacée par le temps. Il aurait pu être une cabane de rêve et l’a certainement été. La nature, dans toute cette zone avait donc plus ou moins repris ses droits, envahissante et presqu’hostile ; plus ou moins, car se trouvait là quand même une forte personnalité de jardin, le cerisier. Tout le monde voulait pouvoir le côtoyer, quand il avait tendance à se montrer généreux au début de l’été. Ainsi, autant le côté face était colorée, verdoyant, joyeux et vivant, autant l’arrière et les côtés semblaient être maintenus en l’état, comme l’on ferait de personnes âgées dans une maison de retraite où l’on ne se prendrait pas la peine d’insuffler de la vie, se contentant de la maintenir. Pourquoi ? Pour le cerisier. Et puis parce que ça existe, alors on fait aller…à peu près au gré de son temps. Bref, l’arrière était plein de la menace symbolique de la fin, présente toujours, ayant toujours été là, mais absente car cachée aux sens qui ne la cherchent point. Pourquoi la chercher, alors que se déploient de l’autre côté les forces vives et colorées d’une nature offrant ce qu’elle a de plus beau grâce aux mains expertes et vertes d’une ambassadrice de la vie sur le déclin, mais ne se laissant pas faire, persistant à transmettre et à faire naître. Autrement qu’auparavant.
    La cuisine était côté jardin. Mais ma chambre donnait sur l’arrière. Il y avait une autre porte que celle qui permettait d’y entrer. C’était une porte menant à un garage n’ayant plus vu de voiture depuis longtemps, donc rempli de monceaux d’inutilités, du sol au plafond, avec là aussi un chemin pour longer le tout et accéder à la porte qui aurait voulu s’ouvrir sur un véhicule. Pas de clef pour fermer l’accès à la chambre depuis ce mutant passif ayant perdu sa vie pour devenir grenier. Les fantômes y étaient cependant faibles. Tout était mort là-dedans, même eux. Rien de compréhensible, d’accessible, rien à arracher de ce tas amalgamé et inutile, une masse inerte et incompréhensible que le contenu de ce voisin silencieux, voisin pesant mais finalement pas très dangereux. Au plafond, des fissures. Que j’ai recouvert de plaques de polystyrènes texturées, comme ça se faisait pas mal à l’époque : pas chères, légères, faciles à poser, blanches. Et puis juste au dessus, ma grand-mère. Faudra que je raconte ma grand-mère, un jour prochain. Mais là, je voulais dire pourquoi ce portrait de moi à l’aveugle, m’évoque cet univers ayant accueilli mes débuts de la vie étudiante. Cette chambre prise entre la vie d’un côté, le déclin de l’autre, la mort sur le troisième pan et la vieillesse au-dessus, me laissait un mur aveugle. Derrière lui, le kiosque, invisible. Alors je l’avais rempli d’images, des images d’œuvres et de portraits de tout ce qui me faisait rêver. Et parmi tous ces tableaux et portraits dessinés ou photographiées, de mes amis déguisés en un eux-même idéal grâce à des poses de stars, parmi les images de Pollock, Newman, Rothko, parmi les citations accrochées comme des proverbes de Cioran, Borgès, Miller… il y avait la fameuse photo de Rimbaud jeune. Et ce portrait dessiné à l’aveugle me fait penser irrésistiblement à ce portrait. Voilà, je vois l’un par l’autre.

    Entre quatre murs
    le plus important de tous,
    c’est le mur aveugle

  2. Gaelyc says:

    C’est drôle comme elles se ressemblent, dessinatrice et modèle dessinée. Mais les regards diffèrent : le dessin se permet une échappée, regardant en haut à droite comme tendu vers un rêve – ou vers sa dessinatrice ? Alors que cette dernière est tendue vers son modèle, qu’elle regarde bien en face ; et nous, par procuration, par vidéo et écran interposés, la regardons croyant qu’elle nous regarde. On ne sait plus qui regarde qui à part qu’à la fin, tout le monde regarde le dessin. Le triangle amoureux de Serial Portraits.

  3. Debbie Coggins says:

    Portrait 25
    Duel Face,
    Strong,
    In this dimension… and another,
    Shape Shifter.

  4. Martine Marsat says:

    Portrait 25 - Un visage à double face, une adéquation entre le réel et l’imaginaire. Le regard, tourné vers un ailleurs étrange; donne une sensation d’inachevé et exprime des sentiments tourmentés et/ou voilés.

  5. camille says:

    Portrait 25
    quelle puissance dans ce portrait !
    un côté du visage magnifique l’autre reste à être fini
    il se présente comme un puzzle à résoudre et me bouleverse
    J’aime beaucoup ce portrait
    Merci à l’auteur

  6. Nicolas says:

    Portrait 25 – coté masculin exacerbé avec le côté droit du visage d’une netteté impeccable et un côté gauche côté coeur et féminin bien tourmenté. Un regard mi-rêve, mi-raison, côté ombre et côté soleil, vers quel but nous conduit – il ?

  7. Narbah says:

    Portrait 25 – On est pas toujours jolie juste après une opération d’esthétique.
    Pourtant celle ou celui là qui crayonne sait tellement dessiner que même les yeux clos ne l’empêche pas de faire transparaître une style qui ressemble à un procédé de photogravure panchromatique au trait.
    Quel Saint-Esprit ainsi transforma Sigrid Coggins en ce puissant rugbyman irlandais au front plissé par la concentration, la mèche ruisselante de noble sueur, la lippe pensive et l’œil perdu dans un ovale lointain ? La boule de cuir aux sauts irréguliers vient vers lui et on aura bientôt l’odeur des corps imbriqués, les mâles coups de rein, les petits coups en dessous qui font mal, etc.
    Je nommerai donc cette vision de Sigrid : “en attendant la violence“. Car au fond pourquoi pas? Pourquoi Sigrid ne serait-elle pas également un rugbyman irlandais ? Tous au pub pour la quatrième mi-temps et stout pour tout le monde !
    Mais pas d’inquiétude : au rugby, comme dans les dessins animés, le héros malmené et qui tombe du sommet d’un building s’en sort avec un coup d’éponge vinaigrée et un ébrouement de tête, comme un cheval à peine morfondu.
    Une opération de chirurgie esthétique provisoire donc. Un nez écrasé qui repousse, une nuit de sommeil et tout rentre dans l’ordre, dans l’ennui.
    N’est-ce pas ça aussi la magie de l’art ?

  8. Portrait 25 – Il y a là une colère, une détermination, l’attente d’une justice (divine)?, la préméditation d’une vengeance?
    On sent la force d’un peuple noir.
    Un homme décidément, aux racines africaines.
    Les savants racontent que ces racines sont en nous tous, humains, sapiens sapiens.
    Tout cela vient-il de se réveler sur le visage de Dame Sigrid?

  9. Pelletier says:

    Portrait 25 - Mais que se passe t’il? le masculin se transforme en féminin? ou bien une vague emporte la partie gauche du cerveau. Le dessinateur, par le dessin, se dévoile, se projette sur le papier grâce à une muse qui pose pour permettre la révélation.
    Quelle est sa réaction à la vue de son oeuvre?
    Changera t’elle ses desseins?

    « J’écrirai ici mes pensées sans ordre, et non pas peut-être dans une confusion sans dessein. »
    Blaise Pascal

  10. vidalie says:

    Portrait 25
    je n’avais jamais vu cet aspect
    troublant après l’évènement mémoire
    est-ce Sigrid ou Wes junior ?
    un aspect masculin jamais perçu !
    un trouble dans le désir de précision du dessin à l’aveugle !
    mais le maître (dessinateur) déplace les lèvres…
    ton féminin me manque
    mais « le manque est la racine d’un grand soleil »
    et moi je vois toujours la grande âme
    la grande Dame
    de Sigrid
    les yeux tournés vers le ciel pour oublier
    le cœur ouvert pour aimer

    mille bisottes

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