Portrait du visiteur en créateur - blogœuvre

Serial Portraits Sigrid Coggins

Serial Portraits au Festival de l’arpenteur / Dessin 21

La rencontre des mots et des traits : dessinatrice à l’aveugle dévoilée ! Catherine Affre

Dessins N°21 de la séance du 5 juillet au Festival de l’Arpenteur. Découvrez son témoignage ici.

 

Catherine Affre

8 Responses to Serial Portraits au Festival de l’arpenteur / Dessin 21

  1. Dessin dévoilant n°21, le journal inexistant, série Arpenteur
    Chacun des dessins que je regarde fait émerger un souvenir ou me rappelle un événement en rapport avec mon parcours d’artiste

    C’est lui, je le reconnais. Sauf que son chapeau était un peu plus grand.
    Comment diable avez-vous fait pour le trouver durant les 5 minutes qu’aura duré notre rencontre faite de regards sans mots ?

    L’on y voit dominer ici son œil droit, celui qui exprimait, de son vivant, sa bienveillance, et un amour de la vie au-delà du commun. Un regard immensément lumineux quand il s’apprêtait à conter. Des histoires vosgiennes, ou encore issu du monde des tailleurs de pierre – ce qu’il n’était pourtant pas – parfois c’était une chanson sur la Guadeloupe, ou alors il inventait, improvisait avec une sûreté hors du commun.
    Et c’était parti ! Un tourbillon envoutant de mots soutenus par un regard hypnotisant tout ceux à sa portée. Même ceux qui tentaient de résister, ne réussissaient pas à s’échapper. Son verbe tenait à la fois du tour de manège et du tour de magie.
    Tout était visible, pas de truc à découvrir, il fallait juste se laisser entraîner par cette formidable énergie, savourer l’instant présent. Tout le monde restaient toujours jusqu’au bout. Malgré les frissons. Malgré ce questionnement informulé. Malgré cette sensation noyée dans le flot des mots d’un petit quelque chose qui tenterait de signaler qu’il ne faudrait pas qu’il y ait un boulon devissé, quand on roule si fort, si vite. De toutes façons, on ne décide pas de descendre d’une montagne russe, on attend d’arriver en gare.

    Cet autre oeil, on ne le voit pas, mais regardez mieux. Son œil gauche. Quand celui-là se mettait en action, les deux yeux devenaient jumeaux, la fracture n’était plus entre eux deux comme cette ligne verticale formant nez, mais entre tout son être et le reste du monde. Il devenait profil. L’oeil plissé. Sans mot, juste un cri de l’oeil en exil. Un genre de volte-face qui prenait par surprise, un tremblement de terre force 7. Une démolition en règle. De tout ce qui avait été conté, de tout ce qui comptait, absolument plus rien ne pouvait faire front à cette mise en chaos titanesque prenant ses forces dans un néant dont l’origine restera pour toujours un mystère.

    rester créateur
    était le secret, sans lui
    est Mort le poète

    —————————————————————————

    Sigrid Coggins le 4 novembre 2014

  2. Dévoilée !

  3. la hulotte says:

    La grande guerre, les gueules cassées, c’était juste hier.
    Aujourd’hui à travers les blessures, regard bienveillant, sourire esquissé, pour que la vie soit belle….
    Les yeux grands fermés, je dessine les formes, les contours ,la beauté du trait, l’enchevêtrement des courbes pour un dessin on ne peut plus parfait……

  4. cathy says:

    Ce n’est pas sans tremblement que l’on peut regarder l’autre visage car, même s’il est là pour être regardé, comment prétendre un seul instant pouvoir le contrôler? La main aveugle a tenté d’esquisser un geste de vérité, sa vérité, et, si elle semble trahir la réalité du visage offert, elle permet sans doute de définir ainsi sa face ténébreuse . Kate

  5. G. says:

    Un accident de voiture ? Effrayant tellement ce visage est chargé. Nuit de cauchemars ? Nuit d’ivresse ? Mais qui es-tu Sigrid dans tout ça ?

  6. anik says:

    Je m’appelle Tom, mon regard est bienveillant, n’ayez pas peur de moi même si je porte les traces de bien des combats, caressez moi du regard, prenez le temps de voir ma beauté et ma féminité, je suis presque parfait

  7. michel najar says:

    Pour faire le portrait de Sigrid Coggins, ne pas la regarder, ne pas regarder le dessin, ne pas fermer les yeux. Ouvrir la porte aux monstres joyeux de son visage, de ses épaules, bref : de son corps. Ils s’empressent, se pressent, prennent le temps et l’espace du dessin. Ce ne sont pas des lignes et des courbes, des ombres et des formes. Ils vous épousent. A vous de ne pas y renoncer ou d’un relevé de tête.

  8. camille says:

    complexité de ce que nous sommes
    à l’écoute
    présence à l’autre
    ouverture
    les idées affluent avec un soupçon d’amusement!

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