Portrait du visiteur en créateur - blogœuvre

Serial Portraits Sigrid Coggins

Serial Portraits au Festival de l’arpenteur / Dessin 66

La rencontre des mots et des traits : dessinatrice à l’aveugle dévoilée ! Muriel Denis

 

 

8 Responses to Serial Portraits au Festival de l’arpenteur / Dessin 66

  1. Varcin says:

    Un crâne, un collier stéthoscope, un regard vide et l’ébauche d’un sourire sûr de lui … Désolé, j’y vois l’implacable assurance de notre finitude, le diagnostic implacable de notre dernière heure …

    François.

  2. muriel says:

    il y a six commentaires mais…

  3. NICOLE LOYNET says:

    Le portrait dessiné me fait penser à ces textes où l’orthographe a été volontairement faussée et pourtant on peut lire le texte et lui donner sens même avec la moitié des lettres inversées ! Pareil pour ce portrait : de combien avons-nous besoin pour appréhender la réalité et mieux encore la vérité d’une représentation.
    Ce que je ressens, ce sont les yeux baissés, la tête rentrée dans les épaules comme en attente de bondir. La bouche généreuse pour croquer la vie.

  4. michel says:

    on se croirait dans la planète des singes, mais la pas la version avec Charlon Heston, mais plutôt le film moderne avec Mark Walhberg.

  5. mila says:

    c’est ma prof d’art plastiques qui a toujours plein d’idées farfelues

  6. Dessin dévoilant – 66

    Le journal inexistant.

    Chacun des dessins que je regarde fait émerger un souvenir ou me rappelle un événement en rapport avec mon parcours d’artiste

    Ma très regrettée Anne Grossenächer / Iten, cette amie rencontrée en cours d’histoire de l’art à l’université Stendhal de Grenoble, avait commencé à me raconter son mode de vie suisse lors de notre voyage en train vers sa maison familiale où nous allions passer le week-end, à Genève donc. Devant ma réaction estomaquée quand elle m’avait dit, en préambule, que leur maison disposait d’un abris anti-atomique, volte-face de sa part par laquelle elle m’avouait, qu’en fait, ils étaient très pauvres et que mieux valait que je sois prévenue des conditions … un peu limites de l’habitation. Le tableau décrit est devenu de plus en plus sombre et au final passablement angoissant… et au fur et à mesure que nous approchions, j’étais de plus en plus intriguée par ce que j’allais vraiment découvrir.

    Ce qu’il y avait à investir lors de notre arrivée, c’était une fort belle maison genevoise, avec, en effet, un (superbe ?) abri anti-atomique avec wc chimique et fenêtre de 30 cm d’épaisseur, l’espace servant finalement de cellier, grenier et cave… rendant l’ensemble tout à fait inefficace en cas d’urgence nucléaire.

    Dans le train, ma réaction d’incrédulité l’avait amusée, et avec son esprit … tendance taquin, elle en avait profité pour s’amuser gentiment à mes dépens. Mais qui, en France, dispose de ce genre d’espace, tandis qu’en Suisse c était (c’est ?) habituel ?

    De plus, de mon côté, c’était en grande lectrice de SF que j’avais accueilli son information d’abri intégré : le terme m’avait immédiatement évoqué une nouvelle très touchante – lue dans la collection poche « Histoires de…. » déjà mentionnée sur ce blog – d’un jeune garçon qui, tous les jours en se rendant à l’école, passait devant un magasin vendant des abris haut-de-gamme, super efficaces, brillants, rassurants. Ces grandes boîtes luxueuses et abritant de tous les dangers possibles, – dangers qu’il n’y avait nul besoin d’imaginer dans un contexte toujours plus menaçant – envahissaient l’esprit du jeune garçon qui rêvait avec une intensité chaque jour plus forte que sa famille puisse enfin s’offrir la sécurité à laquelle son coeur aspirait tant. Les parents, aimants, constatant l’état dépressif de leur fils face à leur incapacité à assurer, se concertent longuement, hésitent puis se lancent avec inquiétude dans un prêt pour acheter non seulement un bel abri antiatomique, mais, ne faisant pas les choses à moitié et aidés en cela par un vendeur aguerri, achète le plus beau de tous. Le miracle au retour de l’école ce jour là ! S’ensuit le bonheur absolu, le garçon est enfin comme tout le monde, sa vie reprend un sens, il respire ! Tous les jours en rentrant de l’école, il s’installe dans son abri et savoure sa liberté entre ces quatre murs.

    Il pourrait y vivre en permanence tant il est heureux, si on le laissait faire…

    Un jour, cependant, c’est le drame. Il rentre, et à la place de l’abri, un grand trou.

    Les parents n’ont pas pu payer l’échéance.

    Retour de l’insécurité, de la peur et fin de l’histoire.

    Dans ce dessin, les deux pupilles de l’oeil, exilés de leur orbite, sont descendus visiter cet espace devenu vide de protection, tandis que l’esprit, tel un funambule de l’impossible, sans fil ni filet, tente de maintenir l’homogénéité de l’être en tissant les liens qui vont en permettre la solidification.

    Anne n’ est plus. Rappel,

    elle m’a renommée un jour

    La femme qui marche. Anne….

  7. Irène says:

    Comme une hésitation de tous les sens, de grands yeux pour voir, un énorme bouche pour dévorer le monde, pas d’oreilles mais un casque en bandoulière du cou, pour entendre le pépiement des oiseaux, et ce petit bonhomme cerveau qui marche d’un bon pas…. Que de perspectives !

    Irène

  8. Muriel says:

    il y avait ce collier… j’ai commencé par lui… puis je suis remonté, trop haut, et le dessin a pris son envol sans que mon trait corresponde à ce que je voyais »
    ce dessin me trouble, m’interroge, si éloigné de ce que j’ai vu et pourtant si proche de ce que je devais ressentir ce jour-là à l’arpenteur, après une journée passée à écrire dans la brume de la montagne. J’aime beaucoup le petit personnage fortuit qui se dessine entre les deux « sourcils », on dirait une silhouette de Giacometti, un homme qui marche.
    « je t’écris de ma brume là où le froid s’immisce où l’humidité crisse où le silence est mien. Autour de moi pourtant du bleu et de l’or. »
    On cherche dans un dessin ce qui relève de traits connus, et on part dans l’inconnu.

    Muriel

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