Portrait du visiteur en créateur - blogœuvre

Serial Portraits Sigrid Coggins

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Dessin dévoilant 60 – série arpenteur

Le journal inexistant.

Chacun des dessins que je regarde fait émerger un souvenir ou me rappelle un événement en rapport avec mon parcours d’artiste

Celui-là dont je veux parler avait deux yeux noirs qu’il utilisait pour hypnotiser son auditoire en jouant d’eux comme d’un instrument de musique, les notes s’envolaient de son regard pour rejoindre en une harmonie puissante les mots modulés, il racontait, il contait, il envoutait les uns, épouvantaient les autres.

Poète et  clown ; au mieux, jonglant avec tous les extrêmes qui le composaient, au pire traînant dans le néant des hôpitaux le puzzle aporétique de son existence, il gardait néanmoins en toutes circonstances le goût pour la belle garde-robe, les endroits chics, la conversation, les belles manières… autant de penchants difficiles à transposer dans l’univers de clochard céleste que son esprit en perpétuelle rébellion l’avait amené au final a préférer à tout autre possible. Impossible.

Etre le grain de sable dans le rouage, difficile art de vivre. Se mettre au service de l’art permet de faire la même chose et en même temps de vivre un peu.

Parle et meurt sans fin

Celui là qui veut tout dire

Par lui-même nié

 

 

 

 

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Le Serial Portrait 19 également révélé

Serial Portrait avec Francesca Bustarret

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2 dévoilés, et la séance du 9 juillet mise en ligne, complétée !

Après quelques jours un peu loin de ces pages, j’ai fait une séance de rattrapage : deux dessins dévoilés et de nouveaux dessins mis en ligne. Les dévoilés ? Il s’agit de Muriel Denis et d’Irène Almès. Les nouveaux dessins ? Ce sont ceux numérotés de 51 à 60

A vous de jouer !

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4 dévoilés d’un coup !

Les avez-vous vus ? Il s’agit des croquis 3, 4, 74 et 75

Retrouvez-les sur cette page : http://portrait-du-visiteur-en-createur.com/festival-de-larpenteur-seance-du-5-juillet-14/

 

On continue !

 

 

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Dessin dévoilant n°66 au festival de l’arpenteur

Ma très regrettée Anne Grossenächer / Iten, cette amie rencontrée en cours d’histoire de l’art à l’université Stendhal de Grenoble,  avait commencé à me raconter son mode de vie suisse lors de notre voyage en train vers sa maison familiale où nous allions passer le week-end, à Genève donc. Devant ma réaction estomaquée quand elle m’avait dit, en préambule, que leur maison disposait d’un abris anti-atomique, volte-face de sa part par laquelle elle m’avouait, qu’en fait,  ils étaient très pauvres et que mieux valait que je sois prévenue des conditions … un peu limites de l’habitation. Le tableau décrit est devenu de plus en plus sombre et au final passablement angoissant… et au fur et à mesure que nous approchions, j’étais de plus en plus intriguée par ce que j’allais vraiment découvrir.

Ce qu’il y avait à investir lors de notre arrivée, c’était une fort belle maison genevoise, avec,  en effet, un (superbe ?) abri anti-atomique avec wc chimique et fenêtre de 30 cm d’épaisseur, l’espace servant finalement de cellier, grenier et cave… rendant l’ensemble tout à fait inefficace en cas d’urgence nucléaire.

Dans le train, ma réaction d’incrédulité l’avait amusée,  et avec son esprit … tendance taquin, elle en avait profité pour s’amuser gentiment à mes dépens. Mais qui,  en France,  dispose de ce genre d’espace, tandis qu’en Suisse c était (c’est ?)  habituel ?

De plus, de mon côté, c’était en grande lectrice de SF que j’avais accueilli son information d’abri intégré :  le terme m’avait immédiatement évoqué une nouvelle très touchante – lue dans la collection poche « Histoires de…. » déjà mentionnée sur ce blog – d’un jeune garçon qui,  tous les jours en se rendant à l’école,  passait devant un magasin vendant des abris haut-de-gamme, super efficaces, brillants, rassurants. Ces grandes boîtes luxueuses et abritant de tous les dangers possibles, – dangers qu’il n’y avait nul besoin d’imaginer dans un contexte toujours plus menaçant – envahissaient l’esprit du jeune garçon qui rêvait avec une intensité chaque jour plus forte que sa famille puisse enfin s’offrir la sécurité à laquelle son coeur aspirait tant. Les parents, aimants, constatant l’état dépressif de leur fils face à leur incapacité à assurer, se concertent longuement, hésitent puis se lancent avec inquiétude dans un prêt pour acheter non seulement un bel abri antiatomique, mais, ne faisant pas les choses à moitié et aidés en cela par un vendeur aguerri, achète le plus beau de tous.  Le miracle au retour de l’école ce jour là ! S’ensuit le bonheur absolu, le garçon est enfin comme tout le monde, sa vie reprend un sens, il respire !  Tous les jours en rentrant de l’école, il s’installe dans son abri et savoure sa liberté entre ces quatre murs.

Il pourrait y vivre en permanence tant il est heureux,  si on le laissait faire…

Un jour, cependant, c’est le drame. Il rentre, et à la place de l’abri, un grand trou.

Les parents n’ont pas pu payer l’échéance.

Retour de l’insécurité, de la peur et fin de l’histoire.

Dans ce dessin, les deux pupilles de l’oeil, exilés de leur orbite, sont descendus visiter cet espace devenu vide de protection, tandis que l’esprit, tel un funambule de l’impossible, sans fil ni filet,  tente de maintenir l’homogénéité de l’être en tissant les liens qui vont en permettre la solidification.

Anne n’ est plus.  Rappel, 

elle m’a renommée un jour

La femme qui marche.  Anne….

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Nouveau dévoilement ! Nouvel entrant !

La rencontre des mots et des traits

A un portrait révélé, un nouveau dessin mis en ligne parmi ceux réalisé à l’arpenteur. Découvrir ce nouveau dévoilement ? C’est ICI

Nouveau dessin – Vous êtes le critique d’art, à votre clavier ! Commentez ce dessin réalisé à l’aveugle et représentant l’artiste auto-mise dans le rôle du modèle de son visiteur. Au bout de 6 commentaires écrits sur ce dessin, le dessinateur est révélé par l’affichage du Serial Portrait complet. Voir les Serial Portraits déjà dévoilés dans le menu « dévoilés par vous ». Cliquez ici pour le commenter !

 

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Une dessinatrice raconte : portrait n°65 à révéler par vos commentaires

« J’ai été très touché par ton travail, et il m’a fallu un peu de temps pour cerner ce qui m’a tant atteinte !

Avant ton arrivée Antoine m’avait parlé de cette performance qui m’avait laissé interrogative. Pourquoi ?
Aujourd’hui j’ai compris….l’intérêt réside dans ta présence et dans ce qu’il se passe autour de ces portraits.

J’ai été émue par le « spectacle » du dessinateur concentré sur son modèle. La qualité rare de ce regard qui s’abandonne dans cette relation singulière. Quelque chose de sincère qui s’échappe, donnant une valeur unique à l’échange silencieux qui se dessine.

J’ai été très sensible à la femme que tu es. Tu te souviens des dizaines de visages que tu as croisé, tu prends le temps de mettre chaque personne à l’aise, ton regard est présent à chaque instant, et j’ai eu l’impression que jamais il ne fuyait dans l’intériorité de tes pensées. Tu sembles être LA, « pour de vrai! » !
Aussi brève soit-elle, cette rencontre est riche, honnête et pleine d’humanité.

Enfin, le dernier point que je tenais à partager avec toi est celui du rapport du spectateur à l’artiste ! Il me semble très important, sans doute car il me touche tout particulièrement !
J’ai toujours l’impression que l’artiste et son oeuvre créé une distance avec celui qui lui fait face, de par son statut même.
On se sent à côté du propos, ou touché mais incapable de savoir pourquoi… Et puis on tente de comprendre et le fossé se creuse alors. Pas les codes, pas la culture…alors on laisse cela aux autres, à ceux qui connaissent.
Et la rencontre avec l’artiste s’envole, on le laisse sur son pied d’estale…comment partager une sensation, une émotion lorsqu’on n’a pas les mots qu’il faut !
Dans ton travail, ta simple présence brise cette distance. Cette interdépendance entre toi et celui qui te dessine fait
que la relation existe déjà au-delà de l’oeuvre. On se croise sur un terrain commun, qui créé une proximité, une intimité même et te place comme une femme avant d’être une artiste. Alors on s’autorise peut être un peu plus à commenter, à ressentir, à dire ce que l’on a vécu, à s’amuser
du résultat. Bref à partager ! »

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Dessin dévoilant n°2 au festival de l’arpenteur

Cette nuit à la faveur d’une fausse insomnie,  j’ai voyagé dans le temps. Un non sommeil heureux et clair, une nuit comme en plein jour, une vie parallèle. J’ai été projetée dans la vie de mon enfance comme si j’y étais de nouveau, en petites touches intenses, un peu comme si je feuilletais un catalogue, ou un menu, et que je goûtais en esprit la matérialisation possible de l’objet ou du plat sur lequel je m’attardais. Mais toute à l’émerveillement d’une telle possibilité, comme un enfant dans un magasin de jouets,  je zappais sans chercher à m’accrocher à l’un ou à l’autre des possibles, savourant la force étonnante de ce que je ne peux pas nommer des évocations, tant l’impression de réalité s’imposait. C’était. Nuit et clarté simultanément à l’œuvre. Emotions retrouvées, pleines et vives, de ce que je croyais ne plus devoir rencontrer jamais autrement qu’ au travers d’images un peu séchées, qu’elles soient de papier, ou mentales. Un papier dont les multi-couches soudainement séparées, révèle l’infinité du nombre qui le compose,  comme autant d’instants au temps infini, rendu tel par le sentiment et l’émotion retrouvés. Ils étaient derrière la porte, dans le placard. Là où il y a les monstres quand on est petit.

Ces portraits, autant de portes ouvertes. Merci aux dessinateurs à l’aveugles de permettre ce délicieux goûter de l’infini.

 

Des portes d’instant

formant colonne vertébrale

s’ouvrent à l’infini

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Dessin dévoilant n°81 au festival de l’arpenteur

Dessinateur Serial Portrait révélé entre-temps : retrouvez le ici

Arpenteur Dessin n° 81
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Du temps pas si lointain où je faisais des insomnies, n’ayant alors aucune confiance dans les somnifères chimiques j’ai gardé l’habitude, en cas de réveil nocturne, de me décrocher le cerveau de manière efficace et rapide en lisant des Picsou magazines.

Actuellement, si ces réveils, s’activant plus aux bruits extérieurs qu’aux exclamations internes, sont devenus rares, j’ai toujours à portée de main un Picsou mag.

Les chats adorent se promener sur les toits.

Mais tout autre activité typiquement félinienne peut se faire aussi sur les toits.

La nuit dernière par exemple, mes matous avaient organisé un fight club vers les 3 h du matin.

Sur mon toit donc au dessus de ma tête endormie depuis 4 bonnes heures.

(Je les soupçonne de se venger parce que je les mets dehors pour qu’ils ne me réveillent pas en miaulant la nuit dans la maison. Je sais. Mais j’aime les chats.)

Or, j’avais fort heureusement sous mon oreiller un hors-série collector de Picsou Magazine tout neuf, le tome 2 des « 80 ans de Donald ». Acheté la veille.

Bien m’en avait pris ! Car j’y ai lu une histoire que j’ai décidé être … un hommage caché à mes Serial portraits. Carrément. En effet, l’histoire écrite en 2011 a été réalisée par différents dessinateurs (un par page) et raconte comment les neveux de Donald, cherchant à lui faire un cadeau pour son anniversaire, embauchent un dessinateur pour lui faire son portrait. Mais comme ils souhaitent que ce soit une surprise complète pour leur oncle, ils doivent trouver une solution pour le faire poser sans qu’il s’en rende compte. Donald étant un personnage par nature très agité cela complique la tâche du dessinateur qui esquisse des croquis très rapides mais sans en être satisfait. Il jette l’éponge. S’ensuit un défilé… les dessinateurs se succèdent en effet, démissionnant les uns après les autres. Et pour chacun d’eux, Riri, Fifi et Loulou créent une situation nouvelle pour tenter de maintenir immobile leur oncle sans pour autant lui mettre la puce à l’oreille : l’obliger à attendre un appel téléphonique( ce qui le rend furieux), le gaver de nourriture pour l’endormir, (ça le rend pas beau) lui trouver un travail comme modèle pour une école de peinture et parmi les élèves se cache un pro (qui gaffe avec une remarque qui déplaît à Donald), l’impliquer dans un défi avec Gontran où il doit compter les étoiles filantes (mais le dessinateur n’y voit rien, ça l’embête) ET enfin, une attraction dans une fête foraine appelé « Foire aux bruits » où deux chaises se font face à face et où les deux participants doivent s’asseoir et se regarder… les yeux dans les yeux le plus longtemps possible. Donald gagne mais ça le rend un peu zinzin par effet hypnotique et évidemment ça se voit dans les croquis.

… à la fin, pour son anniversaire, Donald reçoit donc plein de dessins de lui dans tous ses états et après avoir commenté : « Remarquez tout de même qu’elles ne sont pas ressemblantes ! », la conclusion de l’histoire est dans ses remerciements avec un joli « Peut-être que ma personnalité déborde du cadre ! Merci ! C’est le plus chouette des cadeaux ! « .
Si c’est pas une super référence, ça !
Ce dessin n°81 réalisé à l’aveugle durant le Festival de l’Arpenteur, m’évoque cette multitude de soi-même », multitude liée parfois à son état intérieur, parfois aux regards de l’autre, parfois au fait qu’on est modèle de beaucoup de dessinateurs.

Les yeux dans les yeux
je dois admettre que parfois
je dépasse les bornes

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Sigrid Coggins, 25 juillet 2014

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Dessinateur à l’aveugle n°1/arpenteur dévoilé !

Valérie Lucas, dessinatrice à l’aveugle n°1/arpenteur dévoilé !

C’est par ici !