Portrait du visiteur en créateur - blogœuvre

Serial Portraits Sigrid Coggins

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La fameuse angoisse de la page blanche

La fameuse angoisse de la page blanche, c’est là l’un des aspects que je souhaite partager avec les visiteurs de mes expositions quand ils acceptent de venir à ma table pour participer à Serial Portraits.

Ma mission auto-imposée : en quelques minutes, faire passer le participant à Serial Portrait par toutes les étapes que vit un artiste quand il est en mode CREATION.

Les étapes-clefs du créateur en 13 points ? Allons-y.

1 – Un concept tentant …  une idée passe, une expérience inédite ? … on l’attrape au vol !

Vous vous êtes assis à ma table

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Journal d’hier – 4

Ce n’est pas toujours le cas depuis que j’ai démarré cette recherche consistant à laisser remonter à la surface un souvenir enfoui grâce à la contemplation d’un portrait réalisé en me regardant, mais cette fois-ci, en suivant le fil des images et de leur signification, j’en arrive à un souvenir en lien avec ma dessinatrice.

Avec Danièle, on se connaît bien. Depuis longtemps en tous les cas : depuis l’enfance ;  et au collège, on était toujours ensemble.

Comme on le constate ici,  on ne s’est pas perdues de vue.

Ce croquis me donnait depuis le début une impression particulière comme un … quelque chose qui chercherait à remonter à la surface. Peut-être même a-t-il été un facteur déclenchant dans l’envie de plonger dans cet aspect des dessins Serial Portraits : en quoi me renouent-t-ils avec ces germes en moi comme autant de fleurs d’un temps passé, revenues à leur état initial de graine ? Il me faut les réveiller, remonter le temps. Ce dessin en a arrosé une.

Ce matin, enfin, révélation ! …. ce croquis m’amène dans l’univers aquatique de SUBMERMAN !  Suberman était un héros de bande-dessinée des années 60 : un héros fondamentalement bon, vivant sous l’eau au sein d’une population pacifique sans palmes et sans nageoires mais avec bronchies, dans une architecture féerique de peuple de l’eau. Malheureusement, il faut un méchant, et il y en avait un sous la forme d’un groupe extérieur et ennemi ne rêvant que d’une chose : asservir les gentils. Heureusement le héros fait son travail,  accompagné parfois de son amie la pieuvre géante.  Quel lien avec Danièle qui n’a certainement jamais lu ces recueils ? Le bien et le mal !  L’humain … est-il bon ? C’était là le deuxième grand thème de nos joutes oratoires de collégiennes, après le dangereux « Peut-on dire qu’on a été amies,  s’il advient un jour qu’on ne le soit plus ? ».

Le reste du temps on parlait de princes charmants virtuels.

Le virtuel est bien advenu.

 

L’éclairage des traits

hydrate les mailles du temps au

delà de lui-même

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Journal d’hier – 3

Ma passion pour la lecture s’est déclenchée notamment grâce à la série d’anticipation « Histoire de …  » (de voyages dans le temps, de robots, de planètes, de catastrophes, de mutants etc …) qui rassemblait des nouvelles d’auteurs de tous styles et des toutes origines, avec un petit préambule pour chacune d’elle, j’adorais et dévorais ça.
C’est mon cousin Serge qui me les prêtait, il avait 10 ans de plus que moi, était étudiant et est devenu chercheur au Cern. Mais l’histoire que m’évoque ce dessin, je l’ai lu dans un recueil intitulé « Légendes de la fin des temps » de Michael Moorcock. Il décrit un monde où l’artiste désennuie les gens en un lieu extérieur tel un chef d’orchestre en créant par le geste une symphonie d’images multisensorielles d’éléments naturels qui métamorphosent le paysage et transportent ainsi tout le monde en un ailleurs provisoire et enchanteur. (Puis le monde redevient ce qui l’était.).

Comme un plasticien
qui aurait la légèreté
du musicien. Rêve.

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Le journal d’hier-2

Souvenir apparu grâce au dessin (à voir ci-dessous) et à vos commentaires

Un matin alors que je m’apprêtais à partir pour Vidéoformes où j’exposais des Serial Portraits, je me suis levée… et ô surprise en me regardant dans le miroir, mon visage était devenu asymétrique : la moitié droite était le moi que je connaissais, tandis que du côté gauche…mon visage semblait avoir décidé de vieillir de 30 ans en une nuit.
Quelle mouche avait bien pu le piquer ? Mouche, tique ? Araignée ?
Très intriguée j’étais – et suis restée – face à ce phénomène qui ne dura pas heureusement, mais dont le souvenir est resté vif.
Mon oeil droit regardait mon oeil gauche et ne le reconnaissait plus comme frère, à la limite il voulait bien en faire son père, mais que pouvait-il bien en faire dans cette sphère qui était censée être une et non deux ?

Dans son sablier
une forme s’interroge : est-elle
eau ou est-elle sable ?

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Journal d’hier – 1

Souvenir apparu grâce au dessin (à voir ci-dessous) et à vos commentaires

Dans la série évocation : je regarde et laisse surgir ce qui veut advenir. Ici, un souvenir d’ il y a 250 ans en arrière quand avec un ami du lycée, Marc,  on passait nos mercredis au bar le Jean-Jacques, rue Rousseau à tenter de nous transmettre des images par la pensée. On était tout fous quand on réussissait à s’approcher même vaguement de la forme projetée par l’autre. Je réalise aujourd’hui, en explorant à ce souvenir qu’à fait émerger ce portrait réalisé par Alain Livache, que c’était alors déjà un face à face, mais que nous étions deux à fermer les yeux. Cet ami que je n’ai pas revu, je sais juste qu’il est devenu océanographe.

Yeux clos au café
on tentait des heures durant
la télépathie

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Autoportrait et narcissisme

Autoportrait et narcissisme

Au-delà d’un niveau d’analyse spontanément axée autour des notions de narcissisme et d’égocentrisme avec la question de l’autoportrait et plus particulièrement de Serial portraits que je propose depuis 10 ans, on peut s’intéresser à la question d’une tout autre manière. A une époque où tout le monde veut participer au monde tel qu’il est, et ce d’autant plus qu’on nous arrose à longueur de temps et d’analyses,  de constats d »impuissance », on constate en parallèle le développement de l’artiste ou tout au moins du créateur en chaque citoyen.

Serial Portraits, c’est une exploration du travail du regard et des implications des regards croisés. Ce qui m’avait fait démarrer ce processus s’inscrivait à l’origine dans une démarche de photographe : il me fallait absolument capter ce regard,  que je sentais si particulier lors de ce qui n’était qu’un classique exercice de dessin. J’ai associé ce regard au regard du créateur. Le créateur, c’est dans une certaine mesure le visiteur, le regardeur. Que devient le travail de l’artiste et donc l’artiste lui-même,  sans le regard de l’autre pour le faire vivre ? Ce que je constate au fil du temps, c’est que ce projet génère une projection trés personnelle de ceux qui portent un regard dessus. Leurs paroles sont leurs propres filtres et révèlent leurs intimes problématiques…suivez mon regard !